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16 janvier 2018

Moment solennel et historique

L’église de La Macaza est officiellement fermée aux célébrations

L’église Notre-Dame-du-Divin-Pasteur de La Macaza tenait sa célébration de fermeture du lieu le 14 janvier en la présence de Mgr Paul Lortie et l’abbé Cyriaque Niyongabo. Près de 45 fidèles s’étaient donné rendez-vous.    

Ronald Mc Gregor , journaliste

Mgr Paul Lortie et l’abbé Cyriaque Niyongabo recevant les registres paroissiaux lors de la dernière célébration en l’église Notre-Dame-du-Divin-Pasteur de La Macaza le 14 janvier.
Mgr Paul Lortie et l’abbé Cyriaque Niyongabo recevant les registres paroissiaux lors de la dernière célébration en l’église Notre-Dame-du-Divin-Pasteur de La Macaza le 14 janvier.
© Photo Information du Nord – Ronald Mc Gregor

Ils n’étaient pas seuls les Macaziens à cette célébration annoncée depuis des mois. Dans l’enceinte, la mairesse Céline Beauregard, des membres d’autres communautés avoisinantes et des membres de la fabrique Notre-Dame-de-la-Rouge.

Souligant la présence de ceux-ci, Mgr Lortie voyait en ce geste une solidarité d’entraide « pour que ce soit un baume dans la difficulté » que traverse la communauté de La Macaza et que ce type de cérémonie « se vit malheureusement à l’échelle de tout le Québec. »

« Aujourd'hui, ajoute-t-il, c’est un moment très particulier, un moment historique pour votre communauté chrétienne. Fermer une église, c’est vivre un grand dépouillement, et aussi une douloureuse perte. »

Des objets symboliques relocalisés

Le grand cierge pascal est allumé devant l’autel puisqu’il « représente le Christ ressuscité, la Lumière du monde. » Durant la cérémonie de près de 75 minutes, dans l’enceinte datant du début du siècle dernier, les fenêtres sont bardées d’une pellicule plastique pour couper le froid. Prières et chants, quête et remise de documents et de reliques se suivent avec une certaine sérénité.

Ainsi, Mgr Lortie prend avec lui la pierre d’autel qui sera gardée aux archives de Notre-Dame-de-la-Rouge, aussi, la statue de la Vierge que l’on verra bientôt en l’église de L’Annonciation et les importants registres paroissiaux.

À la toute fin de la cérémonie, Mgr Lortie invite les fidèles vers la porte de sortie où s’élève une dernière prière. D’ordinaire, l’on ferme symboliquement les portes de l’enceinte à clef, mais l’exiguïté du perron ne permettait pas de contenir les fidèles.

Puis, s’en étaient fini des célébrations chrétiennes dans cette belle église bâtie par de nombreux colons.

Soulignons que les raisons des fermetures reposent sur la situation financière des communautés à entretenir le bâtiment, l’incapacité de trouver des bénévoles « pour donner une vie pastorale et communautaire significative dans le milieu. »

Aucune communauté du monde n’accueille la fermeture de son église à genoux les bras grand ouverts vers le ciel en chantant merci. Aucune exception à La Macaza alors que les portes de l’église sont maintenant fermées au culte chrétien. Après la célébration, peu de fidèles étaient enclins à partager ses émotions, sauf la mairesse Céline Beauregard et un homme plutôt volubile qui désire ardemment garder l’anonymat.

« C’est une belle célébration emplie de passé, de présent et d’avenir. C’est certain que c’est un choc aux cœurs des Macaziens, mais il faut maintenant se tourner vers l’avenir » exprimait l’élue à la sortie de l’église.

« C’est triste »

De l’homme connu dans la région et qui désire l’anonymat « pour des raisons personnelles », tout ça est triste. « J’imagine mal un village sans son église ouverte. C’était la première fois que je vivais ça avec ma conjointe et ça m’a touché. Je ne te cacherais pas que le ton était semblable à des funérailles, c’est tous les jours de l’année comme ça, et l’on devrait travailler ça, car il y a place à la joie dans une messe. Si je suis fâché de la fermeture ? Oui. Car à moins d’avoir manqué le bateau, on aurait dû nous consulter il y a bien longtemps sur les détails et les décisions, et aussi les difficultés que traversait La Macaza avant de signer un décret sur un simple papier qui nous démolit moralement. Un simple papier. Je termine en disant que Québec devrait revoir la Loi sur les Frabriques de 1965, alors que nos églises étaient fréquentées. »

En terminant, soulignons que certains fidèles ont préféré célébrer la fermeture de l’église avec une dernière messe régulière le 7 janvier où le célébrant n’était nul autre que le prêtre modérateur Jean-Claude Pelletier.

La communauté de L’Ascension vivra sensiblement la même vague d’émotions alors que Mgr Lortie sera en l’église de L’Ascension le 21 janvier à 11h pour la fermeture de leur lieu de culte.    

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Ronald Mc Gregor , journaliste

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