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17 janvier 2018

Zoothérapie: Quand animal et personnes âgées font bon ménage

Ce n’est plus à prouver, la zoothérapie a des bienfaits immenses sur les aînés : tellement que des centres d’hébergement de la région y ont recours pour leurs pensionnaires en perte cognitive. Malheureusement, ce service est maintenant menacé.

Maxime Coursol

La zoothérapie a de grandes vertus pour les aînés, en particulier pour ceux qui souffrent de troubles cognitifs comme la maladie d’Alzheimer.
La zoothérapie a de grandes vertus pour les aînés, en particulier pour ceux qui souffrent de troubles cognitifs comme la maladie d’Alzheimer.
© Photo gracieuseté – Suzanne Legault

C’est une question de relève qui vient compliquer les choses. Pour Suzanne Legault, la zoothérapie est un métier: elle dispense des services dans les CHSLD de Labelle et Mont-Tremblant ainsi qu’au pavillon Philippe-Lapointe de l’hôpital de Sainte-Agathe. Malheureusement, elle avance en âge et doit modérer ses activités. Cependant, elle ne connaît aucun zoothérapeute prêt à travailler autant au nord. « Je trouve ça triste, dit-elle, car il y a une entente avec les institutions. L’argent est là, les besoins de la clientèle ont été évalués, il ne manque qu’un contractuel prêt à venir avec son animal et qui a une formation en zoothérapie. »

Aux yeux de Mme Legault, qui est la directrice du Centre de zoothérapie communautaire des Laurentides, sa mission est essentielle. « C’est quand on rejoint des personnes alitées avec notre animal que la zoothérapie prend toute sa force », affirme-t-elle.

Les exemples ne manquent pas: dans le cas de pertes cognitives, l’animal va souvent bâtir un pont entre l’aîné et le personnel médical. En parlant du chien ou du chat qu’il avait avant de venir au centre, on stimule sa mémoire et sa capacité de parler. Le zoothérapeute veille également à ce que l’aîné puisse prendre des décisions, alors qu’il est dans un milieu où il est pris en charge. « Le but, c’est de favoriser son estime de soi et son autonomie », explique-t-elle.

Développement possible

Pour Suzanne Legault, il ne fait aucun doute qu’un zoothérapeute certifié serait capable de gagner sa vie dans le « nord ». « Juste avec les aînés, les besoins sont énormes, déclare-t-elle. Il y a aussi des développements possibles dans la région pour œuvrer auprès de deux autres clientèles: les enfants dans les écoles et les personnes atteintes de déficience intellectuelle. » La directrice du Centre de zoothérapie communautaire a d’ailleurs elle-même beaucoup œuvré auprès d’enfants atteints d’autisme et de dysphasie, et a pu constater de ses propres yeux les bienfaits de la zoothérapie sur eux.

« Je suis zoothérapeute depuis 2002 et avec le temps, ce que je remarque, c’est l’ouverture des institutions, surtout dans les ressources aînées. Il y a 15 ans, c’était presque impensable d’amener un animal dans une résidence pour personnes âgées ou un CHSLD. L’ouverture se fait tranquillement et je suis convaincue qu’elle se poursuivra dans l’avenir. C’est la même chose dans les écoles. Les éducateurs spécialisés eux-mêmes intègrent de plus en plus la zoothérapie dans leurs plans d’intervention, que ce soit pour des enfants ou des aînés en perte d’autonomie », avance Mme Legault.

Une mission diversifiée

Avec son centre, la zoothérapeute met également en lien des familles avec un bénévole qui, avec son animal, a reçu une formation en ce sens. Le Centre de zoothérapie communautaire s’occupe également de faire le pont entre les écoles et les bénévoles ou zoothérapeutes certifiés. Enfin, il évalue les animaux des bénévoles pour savoir s’ils correspondent aux besoins des enfants, des aînés et des personnes atteintes de déficience intellectuelle.

« Nous avons des critères stricts, précise Suzanne Legault. L’animal doit aimer l’humain, ne jamais avoir mordu, être tolérant au toucher et avoir la capacité de s’adapter facilement à un nouvel environnement. »

Pour en savoir plus sur les services offerts par le Centre de zoothérapie communautaire ou s’offrir comme bénévole, il faut appeler au 450 240-0371.

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Maxime Coursol

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