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27 décembre 2018

Tournée de Laurentides-Labelle

Le Parti conservateur prend le pouls de la région

Soucieux de mieux connaître les enjeux chers aux Québécois, le Parti conservateur du Canada (PCC) était de passage récemment dans la circonscription de Laurentides-Labelle, dans le cadre de la tournée « À l’écoute des Québécois ».

Maxime Coursol , Rédacteur en chef

Le candidat conservateur dans Laurentides-Labelle, Serge Grégoire, et le député conservateur de Louis-Saint-Laurent, Gérard Deltell, sont venus à la rencontre des maires et des organismes de la région.
Le candidat conservateur dans Laurentides-Labelle, Serge Grégoire, et le député conservateur de Louis-Saint-Laurent, Gérard Deltell, sont venus à la rencontre des maires et des organismes de la région.
© Photo gracieuseté

Le candidat conservateur local, Serge Grégoire, a rencontré à la fin novembre différents maires et autres personnalités de la région, accompagné par le député Gérard Deltell, élu du PCC dans Louis-Saint-Laurent (région de Québec). « Nous voulons mieux faire connaître le parti et ses positions, mais aussi savoir ce que nos électeurs veulent, explique M. Grégoire. Même si la prochaine élection est dans plus ou moins un an, une élection, ça se prépare d’avance. Nous voulons être au fait des enjeux dans Laurentides-Labelle. »

Il faut dire qu’il y a une certaine côte à remonter pour le PCC au Québec, lui qui historiquement n’a réussi que trois fois, dans les 60 dernières années, à obtenir une majorité de sièges dans la province. Sous Stephen Harper, le parti a réussi sa meilleure performance au Québec en 2015, en raflant 12 sièges, surtout dans la région de Québec. Plus près de nous, les électeurs de Laurentides-Labelle n’ont pas choisi un conservateur pour les représenter depuis l’élection de 1988.

Vers une vague bleue?

La donne pourrait cependant changer en 2019, puisque même au Québec, le PCC pourrait faire des gains, selon divers sondages. Plusieurs analystes, voyant une certaine parenté entre ce parti et la CAQ, croient également que le Québec pourrait être un terreau fertile aux conservateurs. Gérard Deltell, lui-même ancien député caquiste, refuse toutefois de voir un vase communicant entre les deux partis.

« S’il y a une chose que les élections des dernières années nous ont prouvé, c’est que l’électeur est moins attaché à son parti qu’avant et qu’il est plus pragmatique. Nous croyons pour notre part que les Québécois nous choisiront parce qu’ils veulent un gouvernement qui ne dépense pas sans compter comme le font actuellement les libéraux », affirme-t-il.

Dans la même veine, il refuse de dire s’il croit que les chances du PCC pourraient être meilleures dans Laurentides-Labelle que dans les comtés urbains plus au sud. « Le payeur de taxes est un payeur de taxes partout, qu’il vive en ville ou dans un milieu rural », se borne-t-il à dire, tout en confirmant que son parti veut gagner ici.

Enjeux locaux

Il n’a pas été possible cependant d’obtenir une position officielle du PCC dans l’enjeu relatif à la réglementation de la navigation sur les lacs. Ce dossier, qui soulève les passions dans la région, avait été amené à la Chambre des communes par le député néo-démocrate Marc-André Morin, en 2015. Depuis, personne n’en a reparlé. Lorsque questionné à ce sujet par L’information du Nord, M. Grégoire a répondu que c’était « à voir », sans en ajouter davantage.

Le candidat local a déclaré que s’il était élu dans Laurentides-Labelle, il serait plutôt un accompagnateur pour les municipalités et les organismes locaux, tout en respectant les compétences municipales et provinciales.

Positions environnementales et sociales

Profitant de leur tournée dans la région, les conservateurs ont aussi entrepris de se débarrasser des étiquettes anti-environnementales et anti-avortement qui leur collent à la peau.

Le candidat Serge Grégoire se prononce en faveur de l’exploitation du pétrole au Canada, appelant même les automobilistes à « acheter canadien », mais soutient également vouloir des politiques de réduction de gaz à effet de serre (GES). « Nous, au Parti conservateur, ce qu’on veut, c’est conjuguer ensemble plus de développement économique et d’emplois au pays avec une baisse des GES. »

Une telle chose est-elle possible? Gérard Deltell affirme que oui, appuyant ses dires avec un document officiel de Ressources naturelles Canada. Selon ce dernier, sous le règne du Premier ministre conservateur Stephen Harper (2006-2015), les GES auraient diminué de 2,2% (ce qui est relativement peu) au Canada, alors que le produit intérieur brut (PIB) a augmenté de 16,9%.

« Nous, ce qu’on veut favoriser, c’est des mesures fiscales, sur les impôts, pour encourager les entreprises et les citoyens à réduire leur empreinte carbone, explique M. Deltell. On est plus dans l’incitatif que dans le punitif, contrairement aux libéraux. »

Quant à l’avortement, M. Deltell a rappelé que la politique actuelle du parti est qu'un gouvernement conservateur n'appuierait pas une loi qui réglementerait l'avortement. « Oui, ce débat-là a lieu dans notre parti et nous souhaitons que tous nos membres et nos députés gardent leur liberté de parole là-dessus. Mais encore au dernier congrès, cet été à Halifax, une résolution a été déposée pour légiférer l’avortement et nos membres ont voté contre à la majorité », rappelle-t-il.

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Maxime Coursol , Rédacteur en chef

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