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30 janvier 2019

Route 117: le gouvernement doit agir rapidement

Par Kathleen Godmer. Fermée plusieurs fois pendant le temps des Fêtes à la suite de différents accidents de la route, la 117 aura encore fait victimes et blessés. Plus d'un an après le tragique accident qui a coûté la vie à Louise Paquet, cette route, maintenant reconnue comme l’une des plus dangereuses au Québec, ravive de douloureux souvenirs, fait réagir et bouscule le nouveau gouvernement en place afin qu’il agisse.

La sécurité sur la route 117 est un enjeu primordial pour les citoyens demeurant au nord de Labelle, jusqu’à Mont-Laurier.
La sécurité sur la route 117 est un enjeu primordial pour les citoyens demeurant au nord de Labelle, jusqu’à Mont-Laurier.
© Photo Le Courant des Hautes-Laurentides – Archives

À la suite de la tragédie survenue le 2 janvier 2018, plusieurs démarches ont été faites par le comité SOS 117, le député sortant Sylvain Pagé et plusieurs autres personnes interpellées par cette problématique. Depuis 2011, c’est plus d’une trentaine de morts qui sont survenues sur ce tronçon de quelques kilomètres.

Au printemps 2018, André Fortin, ancien ministre des Transports, s’est manifesté avec un important projet concernant la route 117 entre Labelle et Rivière-Rouge. Projet qui a été inscrit au Programme québécois d’infrastructures (PQI). À ce moment, d’autres engagements avaient aussi été pris pour la correction de certaines courbes jugées très dangereuses.

Toutefois, depuis les élections du 1er octobre, François Bonnardel, le nouveau ministre des Transports, était resté muet en ce qui a trait au dossier de la 117. Sylvie D’Amours, maintenant ministre responsable des Laurentides et Chantale Jeannotte, la nouvelle députée de Labelle, ne s’étaient pas manifestées non plus.

Initiative citoyenne

C’est ce silence qui a incité Marc Coiteux, un proche de Mme Paquet, à réagir publiquement. Son but: faire comprendre l’importance du dossier de la 117, dénoncer l’inaction et, bien sûr, faire bouger les choses. « À la suite des trois fermetures consécutives de la 117, il n’y a personne pendant le temps des Fêtes qui est sortie sur la place publique pour déplorer ce qui venait de se passer, surtout après le troisième accident qui a coûté la vie a une dame et qui s’est produit au même endroit où, l’année dernière, il y avait eu un accident mortel qui a touché ma famille. Ça me fait beaucoup réagir », affirme Marc Coiteux.

Conscient de tout le travail fait par l’ex-député Pagé concernant la 117, M. Coiteux en espérait beaucoup de la part de la personne qui prendrait sa place. « Sylvain Pagé était un leader dans un paquet de dossiers et particulièrement dans celui de la 117. Je m’attendais, après les élections, compte tenu des engagements de François Legault pendant sa campagne alors qu’il avait affirmé que les travaux sur la 117 seraient faits et qu’il reprochait au Parti libéral de n’avoir rien fait, que le travail commencé par le ministre Fortin se poursuive, mais pas encore », déplore M. Coiteux.

« C’est parce que j’ai fait paraitre une lettre publique que ces gens-là, aujourd’hui, décident de sortir de leur mutisme. C’est un peu ça qui m’inquiète aussi, on n’a pas de leadership dans Labelle. En ce qui me concerne, Mme Jeannotte n’est pas une leader pour l’instant ou elle ne l’a pas encore démontré », fait-il valoir.

« Quand je vois que la 117 est fermée trois jours consécutifs et que personne ne sort sur la place publique pour dire: «On va faire quelque chose; on sait qu’il y a un projet; nous sommes maintenant les nouveaux détenteurs du pouvoir à Québec et nous allons procéder comme nous l’avons promis», moi ça m’écœure un petit peu », ajoute Marc Coiteux.

Par sa sortie publique du 10 janvier dernier, M. Coiteux désirait rappeler ces gens-là à l’ordre et surtout, dire à Mme Jeannotte: « hey, on vous a à l’œil, vous remplacez quelqu’un qui était là depuis longtemps, qui a fait de bonnes choses et qui tenait ce dossier à bout de bras. Faites quelque chose! » M. Coiteux se disait heureux d’avoir, d’une certaine manière, été entendu, puisque le 11 janvier dernier, un communiqué a été publié par le nouveau gouvernement, qui affirmait qu’il respecterait les engagements et qu’il procéderait.

Ministres et députée se manifestent

Le lendemain de la sortie publique de M. Coiteux, le nouveau gouvernement en place et le ministère des Transports (MTMDET) ont effectivement publié un communiqué dans lequel ils ont affirmé qu’ils s’engagent à améliorer la sécurité de la route 117, entre Labelle et Rivière-Rouge. Le ministre des Transports François Bonnardel, la ministre responsable de la région des Laurentides, Sylvie D’Amours et la députée de Labelle, Chantale Jeannotte, ont confirmé que la sécurité de la route 117 est une priorité et que les premiers résultats de la mise à jour de l’étude d’opportunité, en vue d’un réaménagement du tronçon entre Labelle et Rivière-Rouge, seront présentés au comité SOS 117 au cours des prochaines semaines.

Rappelons qu’au printemps 2018, ce projet de réaménagement de la 117 a été inscrit au PQI 2018-2028 dans la catégorie des projets à l’étude. Une fois l’étude d’opportunité déposée, le ministère procédera à l’analyse et à l’élaboration de l’avant-projet préliminaire afin de déterminer la meilleure solution. Le dépôt de l’étude est prévu pour cet hiver.

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