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12 mars 2019

Avec les nombreux mètres de neige tombés

Le maire de Nominingue craint les inondations

Le maire de Nominingue Georges Décarie a fait part de sa crainte de voir de sérieuses inondations sur son territoire, notamment celle qui suivra avec le dégel de la rivière Saguay qui pratiquement tous les ans déborde de son lit. Qu’en pensent la Municipalité de Lac-Saguay et l'Organisme de bassin versant des rivières Rouge, Petite Nation et Saumon (OBV RPNS)?

Ronald Mc Gregor , journaliste

Une résidence du chemin des Hirondelles à Nominingue, au bord de la rivière Saguay, qui trop souvent est affectée par la crue du cours d’eau.
Une résidence du chemin des Hirondelles à Nominingue, au bord de la rivière Saguay, qui trop souvent est affectée par la crue du cours d’eau.
© Photo L’information du Nord – Ronald Mc Gregor

« Avec la neige que nous accumulons depuis le début de l’hiver, il faut s’attendre, au printemps, à des débordements de nos cours d’eau, entre autres, la rivière Saguay », explique le maire Décarie dans le bulletin municipal de février.

La réalité, c’est que Nominingue sera toujours tributaire de l’eau de Lac-Saguay. Le maire indique que Nominingue travaille de près avec Lac-Saguay et l’OBV RPNS. L’écoulement de l’eau de la rivière est à l’étude pour trouver des pistes ou des actions dites concrètes pour atténuer les effets des inondations annuelles. « Cette problématique n’est pas simple et exige une expertise que possède actuellement l’OBV RPNS », déclare l’élu municipal.

Une loi à respecter

À Lac-Saguay, le directeur général Richard Gagnon comprend l’inquiétude du maire Décarie et tient le discours qu’il a donné au journal l’été dernier: la municipalité gère son barrage situé au parc Georges-Painchaud comme l’exige la Loi sur la sécurité des barrages du Québec. «J’ai un barrage et je suis lié à une loiqui fait que je dois m’assurer que le barrage ne part pas», confie-t-il. Il faut dire que selon le ministère de l’Environnement, le barrage de la municipalité, comme celui du lac Allard plus bas sur la rivière Saguay, est considéré de « forte contenance ».

« Même s’il fait un beau printemps, quand on envoie de l’eau à Nominingue, il y a ce rétrécissement au petit lac Nominingue, ce que l’on appelle un petit détroit et il est étroit et peu profond. Quand l’eau arrive là, ceux qui sont bâtis sont inondés », ajoute-t-il.

Le directeur général explique que 25% de l’eau s’écoulant vers Nominingue provient de la municipalité et l’autre 75% vient d’ailleurs. Il craint d’ailleurs une importante fonte des neiges cette année, comme le maire Décarie.

Ça pourrait être pire

« Si le barrage cède et que le lac se vide, il y aura de méchants problèmes. Lac-Saguay est aussi tributaire de ce qui se trouve au-delà de chez elle: les montagnes et les lacs s’en viennent tous chez nous. Ce que l’on essaye de faire toujours, c’est de passer le plus d’eau possible tranquillement au printemps pendant le plus de temps possible en baissant le niveau du lac », explique M. Gagnon. Il ne cache pas que cette manœuvre demande beaucoup quand la fonte est rapide, couplé à des pluies, des vents et même le regel.

« Avant de se rendre à Nominingue, l’eau passe par le lac Allard: on ne veut pas noyer personne là. Si gérer tout ça était comme le jour de la marmotte, on regarderait comment ç’a été l’an dernier et l’on ferait la même chose », indique-t-il.

Mais ce n’est pas ainsi la réalité.

La caractérisation des eaux se poursuit

La caractérisation des eaux effectuée à ce jour n’est pas le bout du tunnel dans ce projet qui permettra de mieux gérer le bassin des eaux de la rivière Saguay jusqu’au Petit lac Nominingue. Il faut compter encore quelques années avant d’obtenir des précisions sur les inondations.

Selon Gabriel Chiasson-Poirier, de l’OBV RPNS, « l’étude qui va nous permettre de vraiment améliorer la gestion des eaux, elle débute en fait cet été et se poursuivra dans la prochaine année ».

Ce qui a été fait pour le moment, c’est une caractérisation des bassins versants et des aires de drainage, soit du barrage de la municipalité de Lac-Saguay et du Petit lac Nominingue. Soulignons par ailleurs que le barrage du lac Allard, entre les municipalités de Lac-Saguay et Nominingue, n’est pas conçu pour une rétention d’eau. Il ne pèse à vrai dire rien dans la balance quand la rivière Saguay sort de son lit à cette hauteur.

Poursuivant sur la caractérisation, M. Chiasson-Poirier précise que cela « permettra de mieux comprendre quelles sont les proportions des aires drainées à ces différents endroits. Ce sont des analyses que l’on fait par système d’information géographique ».

Ainsi, le bassin versant est tracé. « Plus l’aire de drainage est grande, plus il y a de l’eau de pluie ou de neige qui s’accumulent dans cette zone. Toutefois, ce n’est pas un outil parfait, car le type de sol, dépendamment de différents facteurs au stockage de l’eau, entre en ligne de compte », explique le chargé de projet.

Système en temps réel

Gabriel Chiasson-Poirierne peut prédire s’il y aura des inondations d’ici un mois ou deux. « Ça va être une année assez critique, bien que ce n’est pas certain, car deux facteurs créent les inondations: la neige et la combinaison entre l’accumulation de neige et les pluies printanières. Actuellement, un des deux facteurs est là ».

L’avancement de l’étude va bien, ajoute-t-il: les discussions avec lesdites municipalités et son organisme sont harmonieuses.

Dès cet été, quand l’eau sera basse, l’OBV RPNS fera l’instrumentation du niveau du Petit lac Nominingue et de la rivière Saguay. La Municipalité de Lac-Saguay poursuivra par ailleurs la gérance du barrage, mais elle le fera avec l’implantation d’un système qui permettra de suivre en temps réel les niveaux d’eau par le protocole Bluetooth sur un cellulaire d’un responsable.

« C’est quelque chose de semblable que l’on va faire. On va travailler avec eux et Nominingue pour une meilleure compréhension de tout ça », ajoute Gabriel Chiasson-Poirier.

Il termine en expliquant qu’il ne faut pas se fier uniquement à quelques saisons pour prédire les dynamiques en jeu. « D’où l’importance de ne pas trop attendre avant de faire un tel projet », conclut-il.

Et ça commence cet été.

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Ronald Mc Gregor , journaliste

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