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9 septembre 2019

Située sur le chemin de la Gare à Labelle

Les Reliures Caron & Létourneau souffle 50 bougies

Récemment, l’entreprise Les Reliures Caron & Létourneaude Labelle célébrait son 50e anniversaire de services. Elle est beaucoup plus grande et importante que le bâtiment sur le chemin de la Gare le laisse croire. L’information du Nord fait un retour sur cette entreprise qui a des tentacules des Maritimes jusqu’en Ontario par le biais de ses deux autres entreprises, dont une à Drummondville.

Ronald Mc Gregor , journaliste

La présidente et directrice générale de l’entreprise, Mélissa Durand et sa soeur Maude qui tient le poste de vice-présidente et directrice des opérations de l’atelier Les Reliures Caron & Létourneau de Labelle.
La présidente et directrice générale de l’entreprise, Mélissa Durand et sa soeur Maude qui tient le poste de vice-présidente et directrice des opérations de l’atelier Les Reliures Caron & Létourneau de Labelle.
© Photo gracieuseté - Colombine Drouin

Il fallait une idée de démarrage d’entreprise et c’est en 1967 qu’André Létourneau l’a eu: une qui se spécialiserait dans la reliure de bibliothèque dans les Laurentides. Il suit des cours de reliure, car à cette époque, M. Létourneau est à Montréal et travaille dans une imprimerie. « C’est en 1969 par contre que ça s’est concrétisé et qu’il a acheté le terrain ici pour construire », raconte la présidente et directrice générale de l’entreprise, Mélissa Durand. Elle n’est pas seule à la direction, sa sœur Maude occupe le poste de vice-présidente et directrice des opérations de l’atelier de Labelle.

« André Létourneau, par rapport à nous, c’est notre grand-oncle du côté de ma mère », indique Mme Durand.

Entre 1967 et 1969, M. Létourneau effectue de nombreuses démarches avant d’ouvrir ses portes à Labelle. Il doit courtiser des clients potentiels, des partenaires pour investir avec lui, etc. Il démarre son atelier de reliure dans la cuisine d’un chalet quatre saisons à La Macaza où il remplit son carnet de contrats de bibliothèques de Montréal.

Arrive 1969, année où M. Létourneau s’associe avec deux partenaires, son frère et son beau-frère, Lionel Caron. L’entreprise prend son envol avec succès et à l’été le bâtiment de 1800 pieds carrés est érigé afin de répondre à la demande croissante. La présidente croit qu’il y a eu cinq agrandissements depuis. 

Clientèle diversifiée

Au milieu des années 1980, après trois agrandissements, M. Létourneau décide de prendre sa retraite et vend l’entreprise à Norman Durand, « le mari d’une de ses nièces, ainsi que le cousin de ce dernier ». M. Durand est de La Minerve et a habité Labelle bien des années.

Mélissa et Maude sont aujourd’hui la relève de leur père et veillent à répondre aux besoins du jour de leur clientèle. Avec l’entreprise de Drummondville, elles exploitent techniquement et logistiquement plus de 25 000 pieds carrés.

La clientèle se compose de bibliothèques municipales, universitaires, collégiales et scolaires, d’hôpitaux, d’études juridiques, d’organismes gouvernementaux, d’administrations publiques, de sociétés généalogiques, d’imprimeries et de particuliers. « Nos entreprises desservent plusieurs régions du Québec, ainsi qu’une partie de l’Ontario et des provinces des Maritimes. Elles ont même déjà expatrié leur savoir-faire outre-mer », lit-on sur le site Web de Reliure.ca. 

Une alliance

Les Reliures Caron & Létourneau est aujourd’hui l’alliance de deux entreprises compétitrices pendant près de trois décennies, soit celle de Reliure Travaction située à Drummondville et fondée en 1971. Dans les années 2000, Normand Durand en fait l’acquisition mettant fin à un partage de marché et ouvrant la porte à une plus importante entreprise et un marché plus large.

Plus récemment, une troisième entreprise, Reliures D.S.M. voit le jour. Elle vend du matériel pour réparer ou solidifier les livres soi-même. Ce sont les mêmes matériaux que ceux utilisés par les entreprises, à prix très compétitifs.

Les trois entreprises totalisent aujourd’hui plus de 50 employés et le siège social est à Labelle.

Livres numériques

@R:Qui dit reliure fait un lien impératif avec le livre et le papier. Quel avenir se dessine pour une entreprise comme Les Reliures Caron & Létourneaude Labellealors que l’on annonce souvent à tort la mort du livre classique face au livre numérique?

La présidente et directrice générale de l’entreprise, Mélissa Durand, ne cache pas que la compagnie ne connaît pas l’engouement d’il y a quelques décennies, mais somme toute, l’entreprise est en santé. « Oui, le chiffre d’affaires a diminué depuis, on avait aussi le double d’employés à un certain temps. On s’en sort très bien aujourd’hui avec les trois entreprises », indique-t-elle.

La technologie a joué un rôle important dans cette baisse, bien qu’avec une vingtaine d’employés à Labelle, on peut dire que Les Reliures Caron & Létourneau est un grand employeur dans la région immédiate avec des travailleurs de Labelle, Rivière-Rouge, La Conception, etc.

L’avenir du marché

Le marché numérique fait-il peur à l’entreprise? Mélissa Durand se veut rassurante. « On y va à court terme. Nous, on ne s’attend pas à une croissance phénoménale, mais que ça se stabilise, car c’est en descente constante actuellement, mais légèrement », mentionne-t-elle.

Les Reliures Caron & Létourneau se voit comme une aide dans la reliure commerciale, par exemple aux imprimeurs. Depuis plus d’une décennie, les imprimeurs sont à l’ère numérique, informatique quand il faut imprimer les livres de la couverture, à la reliure généralement allemande (un carton collé en guise de couverture, comme les "best-sellers"). Les tirages de 20 000 ou plus ne demandent que très peu d’employés pour se réaliser. 

« Ici, nous avons des livres de toutes grandeurs et nous devons continuellement ajuster les machines manuellement. Un imprimeur prend 5 minutes pour 20 000 livres. C’est pourquoi pour nous l’humain est important. C’est aussi notre force, car des clients veulent parfois un travail spécifique sur un livre, souvent de petite quantité comme une copie, pour que l’on insère un signet ou encore une pochette pour mettre un CD, etc. L’imprimeur ne peut faire cela », explique l’entrepreneure.

Lors de la visite du journal à Labelle, Mme Durand pointe deux livres rares, de différents formats, qu’un homme veut relier. « On fait cela aussi. Si des gens veulent relier un livre qu’ils aiment, au lieu de l’acheter trois fois parce qu’il se brise, pourquoi ne pas le relier plus tôt? C’est aussi un choix écologique », dit-elle. La plastification de la couverture est aussi un service très à la mode.

La présidente réfère en complément à un passage que l’on peut lire sur la page Web de l’entreprise à propos de leurs services: « À l’ère du numérique, notre mission est de toujours permettre un meilleur accès à la littérature imprimée. Ceci est rendu possible en offrant des services de reliure de livres, de traitement documentaire et de fournitures de réparation afin d’aider les bibliothèques à prolonger la vie de leurs collections papier et de faciliter leur prêt ».

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Ronald Mc Gregor , journaliste

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